Le réchauffement planétaire (partie 2)

 

L'un des éléments les plus vulnérables de l'écosystème est l'atmosphère. Nous sommes en train d'en modifier rapidement la composition.

 

Le mécanisme du réchauffement planétaire :

Le rayonnement solaire, sous forme d'ondes lumineuses, réchauffe la terre, et une partie du rayonnement qui parvient jusqu'à nous est renvoyée dans l'espace sous forme de rayonnement infrarouge. Une partie de ce rayonnement infrarouge est toutefois capturée par la couche amosphérique. Ce phénomène est nécessaire puisqu'il permet de maintenir la température de la terre à un niveau convenable, dans une certaine moyenne relativement constante, et donc vivable.

Le problème est que suite à toutes les pollutions accumulées dans l'atmosphère (gazs à effets de serre), une proportion de rayonnements infrarouge trop importante est retenue prisonnière dans notre atmosphère. C'est ce qui fait monter la température. Voilà toute l'explication du réchauffement planétaire.

On observe une montée sensible des températures à partir du 20ème siècle


Premières mesures du taux de CO2

Roger Revelle fut le premier à proposer de mesurer le taux de gaz carbonique dans l'atmosphère. L'expérimentation a été conçue en 1957. Roger Revelle était un scientifique extrêmement rigoureux, très exigeant sur la précision des chiffres. Après seulement quelques années de mesure, il a eu l'intuition de ce que cela signifiait et de ce que cela impliquait pour l'avenir. Et au bout d'une petite dizaine d'années de mesure, on voyait le processus qui était en cours.

Au sujet de la forme de la courbe relevée, on observe qu'elle a la forme d'une dent de scie oblique et montante. Pourquoi cette courbe n'est-elle pas une ligne, mais une dent de scie ? Autrement dit comment expliquer les pics de cette courbe ?

Si l'on considère la masse continentale, on constate qu'elle est bien moins importante au sud de l'équateur qu'au nord de celui-ci (on a donc plus de terres au nord qu'au sud). Et donc la plus grande partie de la végétation se trouve au nord de l'équateur.
Ce qui fait que quand l'hémisphère nord est incliné vers le soleil, la végétation de cet hémisphère pousse et absorbe du gaz carbonique. Ainsi le taux de CO2 dans l'atmosphère baisse. Mais lorsque dans la course de la terre autour du soleil, l'hémisphère nord est incliné de l'autre côté, ce qui se produit en automne et en hiver, les feuilles tombent et dégagent du CO2. Le taux de CO2 augmente de nouveau dans l'atmosphère à ce moment-là.
Ce phénomène est donc naturel, lié à la course de notre planète autour du soleil. C'est comme si, une fois par an, la terre inspirait et expirait. Voilà pour l'explication de la forme en dents de scie de la courbe du CO2. L'idée à retenir, c'est que la courbe monte !

Les mesures du taux de gaz carbonique ont donc commencé au 20ème siècle, à la fin des années 50, et dès le milieu des années 60, le graphique indiquait une augmentation très nette du taux de carbone.

Et l'on a commencé à en voir les conséquences partout dans le monde.

 

Ampleur du phénomène

En 1970 le sommet du Kilimandjaro était recouvert de neige. Voici une photo récente et tout à fait parlante. Dans moins de 10 ans, les fameuses neiges de cette montagne africaine n'existeront plus.

Et on constate le même phénomène en maints endroits où se trouvent les glaciers. Année après année, ils ne cessent de reculer, et à une vitesse surprenante. Ceux qui montent les voir assistent à un spectacle qui se joue sans discontinuer jour après jour : des pans entiers se détachent.
En ce qui concerne l'Himalaya, le problème est particulièrement grave, car 40% des habitants de la planète boivent l'eau des rivières et des sources qui sont, pour plus de la moitié, alimentées par la fonte des glaciers. Ces 40% de la population mondiale vont donc être confrontés à une grave pénurie d'eau due au recul des glaciers.
On constate le même scénario dans toutes les Alpes en Europe, de même qu'en Amérique du Sud, au Pérou, en Argentine, en Patagonie.

Nous avons donc bien affaire à un phénomène mondial.

 

Des carottes qui parlent

Avant de disparaître, la glace a des histoires à nous raconter. On fore et on remonte des carottes de glace que l'on analyse.

En tombant la neige capture de petites bulles d'air. Et l'on peut mesurer quel était le taux de CO2 dans l'atmosphère l'année précise de la chute de neige.

Et plus intéressant encore, on peut mesurer les différents isotopes d'oxygène et établir de façon extrêmement précise quelle était la température l'année ou cette petite bulle a été emprisonnée dans la neige. On peut ainsi remonter dans le temps, année par année. De la même façon qu'un forestier compte les cercles d'un tronc d'arbre, on voit les strates annuelles dues au gel et au dégel.


On remonte ainsi dans de nombreux glaciers jusqu'à un millénaire, et on a pu établir une courbe des températures. Cette courbe est importante. Elle représente la courbe des températures dans l'hémisphère Nord depuis l'an 1000 de notre ère (jusqu'en 2000).

Pour les sceptiques qui ne manquent pas dire que nous avons affaire à un phénomène cyclique. On aperçoit bien en effet des réchauffements en rouge, (comme au Moyen-âge par exemple) sur la courbe. Mais à côté de ce qui se passe maintenant, ces quelques réchauffements (trois en tout), sont sans commune mesure. Ce qui se passe à partir du 20ème siècle est un phénomène nouveau.

Et ce qui est particulièrement remarquable, c'est que si l'on rapporte les températures sur 1000 ans au taux de CO2 sur la même période, on constate en comparant ces deux courbes une étroite relation. Elles ont la même courbe , qui s'amplifie brusquement au même moment.

Mais on peut aller plus loin. Même si un millier d'années de CO2 dans les glaciers est déjà parlant. En antarctique, on peut remonter jusqu'à 650 000 ans. La courbe des températures sur une telle période met en évidence une période de réchauffement entre les grandes ères dites de glaciation (7 glaciations en remontant dans le temps). Or, durant toute cette période de 650 000 ans, le taux de CO2 n'a jamais été supérieur à 300 ppm (parties par millions). Ce qui saute aux yeux, lorsqu'on observe la courbe des températures et celle du taux de carbone pour ces 650000 ans, c'est que ces deux courbes s'imbriquent quasi parfaitement l'une dans l'autre, montrant le lien étroit qui les lie :

Les corrélations entre ces deux courbes montrent que plus il y a de dioxyde de carbone, plus la température augmente, parce que le CO2 piège davantage de chaleur solaire. Le taux de CO2 n'a jamais dépassé 300 parties par million, et voici qu'aujourd'hui il est bien supérieur à ce qu'il a jamais été, bien au-dessus du cycle naturel. Et dans les prochaines années, ce taux va continuer à grimper, crevant le plafond (on prévoit 420 ppm en 2020). Et puisque la courbe des températures lui est intimement liée, on peut s'attendre à une augmentation drastique de la température dans les tous prochaines années.

Ce qui est étonnant et grave, c'est que ces faits parfaitement irréfutables et maintenant connus en hauts-lieux ne provoquent pas les changements urgents qu'ils imposent.

En 2005, on a constaté que les 10 moyennes annuelles les plus élevées jamais enregistrées dans l'atmosphère l'avaient toutes été dans les 14 années précédentes (7 l'étaient dans les huit dernières années) : 1991, 1995, 1997, 1998, 1999, 2001, 2002, 2003, 2004 . La plus chaude de toute était l'année 2005.

les experts prédisent que les vagues de chaleur seront de plus en plus fréquentes. En 2003, la canicule a tué 35000 personnes en Europe (dont 15000 en France). La même année la température est montée jusqu'à 50 degrés en Inde. 200 villes de l'ouest des Etats-Unis ont battu leur record historique de température. Idem pour de nombreuses villes dans l'est (notamment la Nouvelle-Orléans). Les hausses de température touchent donc le monde entier.

 

Impact sur les océans

Les océans aussi sont concernés, et nous commençons à en subir les conséquences. Les océans ont également une courbe de température qui a quitté la courbe naturelle pour suivre une pente ascendante :

en bleu : les variations naturelles de température
en vert : les variations de température envisagées
en rouge : la courbe réelle des températures pour les océans

Plus les océans se réchauffent, plus les tempêtes se renforcent.
Les Etats-Unis sont les spécialistes des ouragans. Mais actuellement, les records sont battus, et avec les records d'ouragan suivent aussi les records de tornades.
Le Japon a quand a lui enregistré son record de typhons. Le précédent record était de 7 typhons en un an. Il y en a eu 10 en 2004.
On excluait toute possibilité qu'il y ait un ouragan dans l'Atlantique sud. C'est fini. Le Brésil a connu son premier ouragan cette même année.

L'année 2005 a vu Emilie s'abattre sur le Yucatan, puis Dennis en Floride, et Katrina qui a fait le 29 août 2005 de nombreuses victimes et des milliards de dégats en Floride et plus particulièrement à la Nouvelle-Orléans.

Avant d'atteindre la Nouvelle-Orléans, il est passé sur des eaux plus chaudes. Plus la température de l'eau augmente, plus les vents se renforcent, et plus l'humidité augmente. L'ouragan Katrina s'est donc formé sur la Floride, et en passant au-dessus des eaux chaudes du golfe, il s'est chargé d'énergie, devenant de plus en plus puissant.

 


Impact sur les précipitations

Un autre effet du réchauffement dont on parle moins souvent est l'augmentation des précipitations (davantage sous la forme de gros orages ponctuels). L'évaporation des océans entraîne une accumulation d'humidité qui retombe sous forme de pluies torrentielles. Tous les continents enregistrent ainsi des inondations. 94 cm de pluie en moins de 24h en Inde, du jamais vu. Beaucoup de crues en Chine également. L'Europe enregistre aussi des inondations de plus en plus fréquentes (France, Suisse, Allemagne..).

Le réchauffement provoque non seulement plus d'inondations, mais aussi davantage de sécheresses. Deux provinces voisines de Chine ont connu l'une les inondations l'autre une grave sécheresse.

Cela tient en partie au fait que le réchauffement planétaire accroit non seulement les précipitations, mais aussi leur disparité géographique.

Ainsi d'incroyables tragédies se déroulent en ce moment en Afrique (Darfour, Niger) à cause du manque de pluie et de la sécheresse. Le lac Tchad bordant le Niger et le Darfour et qui était autrefois l'un des plus grands du monde, s'assèche et aura bientôt totalement disparu, ce qui compliquera encore les problèmes dans cette région.

Ces problèmes s'ajoutent à d'autres créés par la main de l'homme (exemple de la mer d'Aral)

Le réchauffement accroît l'évaporation des océans, qui alimente les nuages. Mais il pompe aussi l'humidité du sol. Oui, l'évaporation du sol augmente de façon dramatique avec les températures.

 


Impact sur le pôle Nord

L'Arctique : l'océan arctique, la calotte glaciaire, le Groënland à côté.

L'Arctique est l'une des deux régions qui subissent le plus rapidement les effets du réchauffement planétaire. La calotte glaciaire se fissure, le permafrost (ou pergélisol en français) dégèle. Les immeubles bâtis sur le permafrost devenu instable s'effondrent, les arbres y poussent de travers (voir photo ci-dessous).

Il y a 35 ans, le sol de la Toundra était gelé (et donc pratiquable) 225 jours par an. Aujourd'hui il est gelé moins de 75 jours par an parce que le printemps est plus précoce, l'automne plus tardif et que les températures ne cessent de grimper.

Depuis qu'ils ont commencé à patrouiller en 1957, les sous-marins plongent sous la banquise dont ils mesurent l'épaisseur à l'aide de leurs radars. Ils ne peuvent faire surface que si la glace fait au maximum un mètre d'épaisseur. Ils ont fait des mesures systématiques qu'ils ne voulaient pas rendre publiques car elles étaient classées secret-défense. Al Gore les a convaincu de les publier. Résultat de cette étude : à partir de 1970, on constate une chute vertigineuse de l'étendue et de l'épaisseur de la calotte glaciaire arctique. Elle a diminué de 40% en 40 ans. Et il y a maintenant deux nouvelles études qui montrent que d'ici 50 ans à 70 ans, en été elle aura complètement disparu.

Est-ce que c'est gênant et comment se fait-il qu'elle fonde si rapidement?

Lorsque les rayons du soleil frappent la glace, ils sont renvoyés à plus de 90% dans l'espace, comme par un miroir. Mais quand le rayonnement frappe la mer libre, il est absorbé à plus de 90% et par conséquent, l'eau se réchauffant, cela accélère la fonte des glaces. Et moins il y a de surface glaciaire, plus la mer se réchauffe et plus les surfaces glaciaires restantes fondent vite, etc..
C e miroir géant qu'était la calotte glaciaire rafraîchissait donc la terre. Mais au fur et à mesure que la banquise fond la mer libre reçoit davantage d'énergie solaire, absorbée à plus de 90%. La chaleur s'accumule donc plus vite à ces endroits de la planète que sont le pôle nord et l'antarctique que partout ailleurs.
On retrouve d'ailleurs maintenant des ours polaires qui se sont noyés après avoir nagé plus de 100 km pour trouver de la glace. On ne voyait pas ça avant. Que représente pour nous cette immense étendue d'eau au sommet du monde qui fut jadis recouverte de glace? Cela devrait nous interpeler car ça a des effets planétaires. Voyons lesquels :

 

Et si le tapis roulant s'arrêtait ?

Le climat de la terre est comme un grand moteur qui distribue la chaleur de l'équateur aux pôles au moyen des courants marins et des vents. Les scientifiques disent que le climat est un système non linéaire. C'est-à-dire que les changements ne sont pas progressifs. Certains interviennent soudainement, par bonds. La température moyenne annuelle sur terre est environ de 14,5 degrés centigrades. Si cette moyenne augmente de 3%, ce qui est la plus basse hypothèse, nous aurons une augmentation de seulement 0,5 degré à l'équateur, mais de 6 degrés aux pôles ! Et donc tous les systèmes de courants et de vents qui se sont formés depuis la dernière époque glaciaire et qui étaient relativement stables sont complètement bouleversés et ils se modifient.

Et l'un des sujets les plus préoccupants et auquel ont été consacré le plus d'études se situe dans l'Atlantique nord. Le GolfStream remonte à la rencontre des vents froids venus de l'Arctique et du Groënland, ce qui provoque de l'évaporation. Et la vapeur dégagée par le Golfstream est poussée vers l'Europe par les vents dominants et la rotation de la terre. Tous les courants océaniques sont liés et forment une boucle qu'on appelle le « Grand tapis roulant océanique ».

Il y a les courants chauds de surface (dont le Golfstream est le plus connu). Et il y a les courants froids qui circulent en sens inverse par en-dessous, au fond des océans.
Explication du mécanisme : dans l'Atlantique Nord, une fois que la chaleur a été dégagée au fur et à mesure qu'on se rapproche du pôle, il reste des eaux plus froides et plus salées (puisque le sel, lui, ne s'évapore pas). Cette eau est donc plus dense et plus lourde. Elle s'enfonce donc (à raison de 19 milliards de litres par seconde). C'est le bout du tapis roulant. Et le courant repart vers le Sud par le fond.

 

Un scénario possible ?

Savez-vous qu'à la fin de la dernière époque glaciaire, quand le dernier glacier d'Amérique du Nord disparaissait, la fonte des glaces a créé un gigantesque bassin d'eau douce au Nord du continent ? Les grands Lacs d'aujourd'hui sont les vestiges de cette immense étendue d'eau douce. Un barrage de glace qui s'était formé à cette époque lointaine à l'Est de cette étendue vint à se rompre. La masse d'eau douce se déversa dans l'océan et elle dilua les eaux denses, froides et salées. Elle les adoucit, les allégea. Elles cessèrent donc de s'enfoncer et cette pompe (le tapis roulant) s'arrêta. Et le transfert de chaleur décrit plus haut cessa. Et l'Europe connu une nouvelle glaciation de 900 à 1000 ans. Ce changement de conditions climatiques (comparables à celles que nous connaissons aujourd'hui) amenant à une période glaciaire a pu s'effectuer en à peine une dizaine d'années.

Les glaciers Nord américains n'existent plus. Mais ce scénario terrifiant pourrait-il se reproduire ? Il faudrait pour cela qu'il reste un gros morceau de glace comparable à ces glaciers dans les parages. Ah mais oui c'est vrai qu'il y en a un de taille, et justement en train de fondre : il s'appelle le Groënland.



Impact sur les saisons, répercussions sur la flore et la faune

Autre effet du réchauffement : le dérèglement des saisons.

En 1980, en Hollande, le pic d'arrivée des oiseaux migrateurs se situait le 25 avril, et celui de l'éclosion des oeufs le 03 juin, juste au moment de l'apparition des chenilles (il paraît que la nature fait bien les choses). Mais aujourd'hui suite au réchauffement, les chenilles naissent 2 semaines plus tôt. L'éclosion des oeufs d'oiseaux est en retard sur l'arrivée des chenilles. Vous imaginez aisément le problème que cela crée. Et il y a des millions de niches écologiques qui sont affectées de la même manière.

Le graphique des jours de gel dans le sud de la Suisse ces 100 dernières années montre que leur nombre a chuté rapidement. Ce qui a pour effet la venue d'un grand nombre d'espèces exotiques envahissantes venues occuper les nouvelles niches écologiques qui se sont constituées.

Aux Etas-Unis, le Dendrochtone du Pin est un coléoptère qui avant mourait de froid en hiver. Mais comme il y a moins de jours de gel, les forêts de pins sont ravagées. Des millions d'hectares d'épiceas ont été anéantis en Alaska par ce coléoptère pour la même raison.

Autre exemple : l'invasion de certaines zones par les moustiques. On a vu en France des gens se faire littéralement assaillir toute la journée par des nuées de moustiques. De même certaines villes (comme Nairobi) qui étaient construites en altitude étaient autrefois à l'abri des moustiques mais ne le sont plus aujourd'hui à cause du réchauffement.

De nombreux vecteurs de maladies infectieuses ont ainsi étendu leur champ d'action. 30 nouvelles maladies sont apparues rien qu'au cours du dernier quart de siècle. Certaines comme le SARS posent de graves problèmes. On observe des formes résistantes de tuberculose et il y a eu une réapparition d'autres affections qui avaient été maîtrisées. La grippe aviare, le virus du Nil occidental qui a atteint les cotes américaines en 1999 et qui s'est étendu en 2 ans à peine à tout le Mississipi, et 2 ans après à l'ensemble du continent.

Des récifs de corail se décolorent et finissent par mourir, ce qui met en péril toutes les espèces dépendantes du corail.

Globalement, le rytume des extinctions d'espèces est aujourd'hui 1000 fois plus élevé que par le passé.


Impact sur le pôle Sud

L'Antarctique : la plus grosse masse de glace de la planète. Les Ice Shelf, des parties de glace accolées au continent sont en train de fondre..

Déroulement du phénomène : Au début, on observe avec étonnement des tâches noires sur les photos aériennes, un peu comme si l'on voyait l'océan en transparence à travers la glace.

Mais c'est une illusion. Il s'agit de l'eau de fonte qui forme des bassins. Et quand on les survole en hélicoptère on aperçoit des falaises impressionnantes, gigantesques, de plus de 200 mètres de hauteurs.
L'Antarctique est un continent montagneux qui est entouré par une plate-forme côtière elle-même constituée de glace flottante. De la glace terrestre au pied des massifs montagneux fait le lien entre le continent et la plate-forme côtière.
On pensait que malgré le réchauffement cette épaisse couche de glace tiendraient encore un siècle. Les spécialistes des ice-shelf furent stupéfaits. A partir du 31 janvier 2002, et en seulement 35 jours, un iceshelf de 40 km à totalement disparu. Ils ne comprenaient pas comment cela avait pu être aussi rapide. Ils ont essayé de comprendre. Ils se sont intéressés à ces bassins d'eau de fonte mentionnés plus haut. Mais avant qu'ils aient pu comprendre ce qui s'était passé, un autre phénomène a démarré. En se disloquant, la glace flottante a libéré la glace terrestre qui a commencé à tomber dans la mer, comme si on avait fait sauter un bouchon.

Quelles conséquences la fonte de cette glace terrestre pourrait-elle entraîner ?

 

 

La montée des océans : impact sur les populations


Il y a entre la glace flottante et la glace terrestre une différence. La glace flottante est comparable a un glaçon qui, lorsqu'il fond dans un verre d'eau ne fait pas monter le niveau de l'eau (parce que son volume est déjà plongé dans l'eau). Mais la glace terrestre elle, est comparable à un glaçon qu'on viendrait poser par-dessus le premier glaçon, et qui, lorsqu'il fondrait, ferait lui déborder le verre. C'est pour cette raison que des habitants de certaines îles du pacifique ont dû être évacuées sur la Nouvelle-Zélande.

L'Antarctique ouest illustre bien deux facteurs concernant la glace terrestre et la glace de mer. On y trouve les deux. La glace est ancrée sur les îles, mais elle déborde sur la mer. Le réchauffement de l'eau a donc des effets sur cette glace. Si cela devait continuer, le niveau des océans sur toute la planète monterait de 6 mètres ! On a constaté de graves modifications de la face interne de la banquise. Il semblerait cependant qu'elle soit relarivement plus stable que cette autre masse de glace de taille comparable qu'est le Groënland.

Le Groënland ferait lui aussi monter le niveau des océans de 6 mètres s'il fondait. Des photos récentes montrent des changements spectaculaires au Groënland. On y voit des bassins similaires à ceux qui se sont formés sur la banquise antarctique. Les experts pensaient que cette eau, en s'infiltrant, se retransformerait en glace. Mais ils ont constaté que ce qui se passe en fait, c'est qu'elle creuse des tunnels jusqu'à la base et trabsforme la glace en un gruyère, une termitière. Certains de ces tunnels se transforment en crevasses ou l'eau est canalisée et contribue à la formation de lacs. Ces lacs créent alors ce qu'on appelle des « moulins ». ce sont des canaux verticaux dans lesquels l'eau s'infiltre jusqu'à la base, jusqu'à la roche. Cette eau agit alors comme un lubrifiant entre la glace et le socle rocheux. La glace peut donc se détacher de son socle.

 

Et ces phénomènes n'ont pas forcément lieu au bord du Groënland. Au centre de celui-ci sont visibles non pas de simples rigoles, mais de véritables cours d'eau provenant de la fonte, qui s'enfoncent dans les entrailles de la glace en un torrent impétueux pour rejoindre le socle rocheux. Bien sûr il y a toujours eu des fontes saisonnières et des moulins se sont déjà formés dans le passé, mais pas comme aujourd'hui.

 

 

De 1992 à 2002, on a observé sur les cartes une fonte complètement anormale, fonte qui s'est largement accentuée depuis. Le conseiller scientifique de Tony Blair a déclaré qu' « avec ce qui se passe actuellement au Groënland, il faudra refaire les cartes du monde ». De nombreuses régions très peuplées situées en bordure de mer seraient inondées (Pays-Bas, Floride, Bangladesh, Shangaï, ...) Des centaines de millions de personnes devraient entamer un exode aux conséquences non négligeables.

 

 

 

L'impact de l'homme sur le réchauffement

1 milliard 300 millions d'habitants, une économie en pleine expansion, des besoins énergétiques grandissants, d'énormes réserves de charbon dans le nord de la Chine et en Mongolie intérieure. Des mines à ciel ouvert. Les scientifiques chinois disent que le nombre d'usines fonctionnant au charbon est énorme, pour des raisons de rentabilité. La Chine s'ouvre à la mondialisation et ne fait qu'entamer son développement.

Après le guerre, la population mondiale a atteint les 2 milliards. Quelqu'un qui serait né à ce moment-là aurait dépassé la cinquantaine aujourd'hui. Et aujourd'hui la population mondiale a dépassé les 6 milliards 500 millions d'individus. Cette même personne, si elle atteint l'âge correspondant à l'espérance de vie actuelle, verra la population atteindre les 9 milliards. Autrement dit, il a fallu au cours de l'histoire humaine une quantité de générations importante pour atteindre les 2 milliards, alors que dans le temps d'une seule vie, une même personne peut voir cette population augmenter de 7 milliards. Quelque chose de nouveau se passe donc. Les besoins de ces milliards d'individus amène l'homme à faire pression sur la terre. Non que la terre ne puisse répondre aux besoins d'une telle population, mais le système que nous avons construit étant basé sur le profit et la concurrence, nous pressurons la terre. Et les pays les plus pauvres sont les premiers à en subir les conséquences. Demande alimentaire, demande en eau, pression sur les ressources naturelles les plus fragiles (déforestation pas seulement sous les tropiques). L'abattage et les feux (presque 30% du CO2 dégagé dans l'atmosphère proviennent des feux de forêt) sont le résultat de politiques irresponsables.

La révolution scientifique et technologique a permis de grandes avancées dans des domaines comme la médecine, les télécommunications... mais les outils rudimentaires que nous utilisions avant pour exploiter la terre (charue, tracteur, la pelle...) ont laissé la place à des outils démesurés nous donnant la capacité de modifier rapidement la surface de la terre. L'irrigation ancestrale a changé. On détourne aujourd'hui des fleuves sans réfléchir aux conséquences. (Ex : deux fleuves d'Asie centrale servait à l'ex URSS à alimenter des champs de coton. Ces fleuves alimentaient en même temps la mer d'Aral, qui était autrefois le 4ème plus grand lac du monde (une page sur la mer d'Aral sera bientôt ajoutée au site).

Nos techniques ont aujourd'hui dépassé l'échelle humaine et nos erreurs sont donc bien plus graves qu'avant. Ces techniques additionnées ont fait de nous une force comparable à celles de la nature. Ainsi les parts de responsabilités face au réchauffement climatique sont largement supérieures dans l'hémisphère Nord hautement industrialisé que dans l'hémisphère Sud. Les Etats-Unis sont largement en tête dans ce domaine. Si l'on tient comte de la densité de la population, la Chine et l'Europe jouent un plus grand rôle, les Etats-Unis restant de loin les plus grands pollueurs.

 

Quand le bateau coule

Voici un lien vers un rapport publié par l'ONU au mois de mars 2005.

Pourquoi ne voyons-nous pas davantage de réactions face à ce problème important ?

Il semblerait que vivant au jour le jour les modifications dont nous venons de parler, nous ayons déjà admis comme une fatalité les choses qui sont en train d'arriver. Ce n'est pas comme si nous arrivions d'un pays enchanteur et qu'en rentrant chez nous, nous découvrions notre région complètement modifiée, abimée, enlaidie, ce qui provoquerait en nous un choc. Non, nous baignons dans ce contexte qui se dégrade de jour en jour et nous intégrons ces modifications sans vraiment réagir.

Que pourrions-nous y faire d'ailleurs? Il est manifeste que malgré la mise en évidence de ces problèmes, les options politiques ne sont pas remises en cause. La mondialisation, la concurrence à outrance sont plus que jamais d'actualité. Des pays s'ouvrent à peine, laissant présager de la suite des évènements et des conséquences qu'auront ces choix sur nos vies et sur la planète. Préoccupés par les problèmes d'emploi et de précarité qui sont le lot des sociétés dans le monde entier (et les raisons sont multiples, selon la partie du monde où l'on se place, pays pauvres ou riches), nous ne pensons que peu finalement à ces problèmes qui passent à nos yeux au second plan et qu'on minimise inconsciemment face à ceux immédiats de notre vie de tous les jours.

« Créer du doute, c'est le meilleur moyen de créer une controverse dans l'esprit du public. Certains ont intérêt à laisser entendre même aujourd'hui que le réchauffement climatique n'est pas avéré. Si la confusion règne à ce sujet dans les esprits, c'est du temps de gagné pour ces gens-là. Qui sont ces gens ? Par exemple des lobbies pétroliers et d'autres acteurs puissants du monde commercial (qui est celui qui en réalité dirige notre planète aujourd'hui).

Mais pendant que la politique (quel que soit son bord) joue son show et nous fait passer les vessies pour des lanternes à coup de promesses lénifiantes impossibles à tenir, la planète elle, agit, ou plutôt réagit.

Upton Sinclair - « Il est difficile de faire comprendre une chose à un homme si son salaire dépend de ce qu'il ne la comprenne pas ». Autrement dit si nous faisons passer nos intérêts personnels en premier, nous ne voudrons pas prendre en compte les évidences manifestes. Ouvrir vraiment les yeux pour voir plus loin que les apparences demande du courage.

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